Tag Archives: UK

« Dizraeli and the small gods », quand la voix joue le rôle du Jeune Premier.

Au gré des sinueux chemins de Bandcamp on croise toutes sortes de personnes. Certaines jouent, d’autres chantent et, je dois admettre être bien plus exigeant envers ces dernières. Rares sont les moments où je laisse la voix  s’imposer au-dessus de la musique. Peut-être que je trouve généralement la musique plus sincère que le texte qui la pare. En un sens, mon exigence vis-à-vis de la chanson est double ; le texte doit se suffire à lui-même, tandis que la qualité du chant se doit d’être à niveau.

Je vous parle aujourd’hui d’un ménestrel moderne que je porte en haute estime.  Je l’ai croisé il y a de ça une dizaine de jours, assis sur son perchoir il n’était pas très difficile à reconnaître.  Je pris le temps de ralentir pour me mettre à son niveau et dès qu’il entendit le « clic » de ma souris il entama sa litanie. Sa dernière œuvre en date étant un Hip-hop dynamique et instrumentalement riche, je suis aussitôt surpris par l’épure de ses dernières créations.

La voix y est primordiale. Puissante et pourtant si agile, elle m’étreint. Elle m’emporte au fil de sa narration passant de flows rapides en eaux calmes en un claquement de cordes. Ces dernières, dénudées de tous artifices électroniques, relaient et amplifient la tension dramatique des textes portés à mon oreille. L’écriture de Dizraeli est sincère et habile en même tant que maligne. Ses récits parfois désabusés me renvoient à notre humanité. Ils  la narguent avec humour, bienveillance et sévérité sans jamais nous laisser dans la posture d’un public passif. On remarquera l’exemplarité de son articulation et de sa rythmique, quand on n’est pas déjà en train de taper frénétiquement sur son bureau, tentant désespérément de suivre le tempo.

Entre slam a cappella et chant blues/folk cet Ep possède un charme atypique et certain,  sans vouloir être « premier degré » j’avoue avec grand plaisir que cet album « me parle ».

« Vienna Ditto », quand le Far west se met au goût du jour.

Vienna-Ditto

Il est des fois où le mélange réussi est là où on ne l’attend pas. Pour tous ceux qui ont aimé ce blues des grandes plaines, tout en étant avides de sonorités électros, cet album tout entier est pour vous.

Nous parlons aujourd’hui du premier album, Circle, de « Vienna ditto » un duo originaire d’oxford. Je tiens à dire que le petit côté western de cet album est ce qui m’a poussé à vous le proposer. Ne vous attendez toutefois pas à danser la Square Dance, il s’agit plutôt d’une impression de fond, d’un filtre sépia légèrement vieilli sur une musique à la page.

On découvre dans cet album un blues brut et expressif se balançant entre pop et rock. Les cordes rauques et usées par l’alcool se doublent d’une rythmique au galop, le tout transmettant une véritable puissance. Néanmoins ces élancées sauvages sont tempérées par des espaces calmes où le soleil brûlant laisse place à une brise légère et sensible. Dans ces paysages tantôt caverneux tantôt libérateurs s’immiscent nombres d’hallucinations électroniques. C’est bien cette fusion qui fait toute la singularité de l’album. À la manière d’un rêve les multiples nappes et percussions électroniques nous suggèrent le doux bruit d’une rivière souterraine quand toutefois il ne s’agit pas des éclats d’orage. Mais cet album est  également chanté. La voix de la chanteuse se plie impeccablement à toutes les circonstances musicales. Elle nous porte et nous emporte au gré de ses émotions, nous figurant plainte, injustice ou encore amour.

Les nombreuses influences m’ont apporté un véritable plaisir lors de mes écoutes répétées, bien que certaines peuvent être presque trop voyantes à l’image de Hammer and a Nail me rappelant sans cesse l’air de ce pénitencier animal de La Nouvelle-Orléans.

Cet album présente des qualités indéniables, l’orchestration y est étonnamment riche et les nombreuses bonnes surprises effacent les quelques reproches, (notamment l’impression d’un album inégal) que j’aurais pu avoir lors de mes premières écoutes.

 

« Bo En », pour une atmosphère printanière dans un climat d’hiver.

Bo-en

Commencer cette chronique par un mot d’esprit autour de celui de noël est un objectif ardu que je n’atteindrai pas entièrement. Mon but n’est pas de vous servir un album « spécial noël » mais plutôt de saisir une occasion. A mon sens la période des fêtes a cela de particulier qu’elle nous plonge tous et toutes dans un état un tantinet régressif tout à fait agréable. Cette joie de vivre enfantine que l’on trouve communément emballée sous le sapin je vous en propose un extrait auditif.

Pale Machine est une histoire d’émotions. Des émotions joyeuses mais complexes, aux couleurs pastel et au goût sucré. C’est un peu comme si un enfant aux joues remplies de confiseries avec un visage traversé par un grand sourire nous racontait son histoire favorite. J’oublie le monde qui m’entoure. L’hiver laisse place à une course pieds nus dans l’herbe verte. Je m’allonge et plonge avec douceur dans mes songes. Je me réveille adulte porté par une excitation simple et pure telle celle d’un enfant qui se réveille un jour de kermesse.

Pale Machine est une création de l’artiste Britannique Bo En. C’est un album qui peut mettre du temps à se faire aimer. Sa forme et ses sonorités sont singulières mais exhument toujours joie et naïveté. L’ensemble pop cerclé de textes anglo-nippons permet de créer dépaysement et surprise. Mais au bout de quelque temps on s’y sent comme chez soi. Un chez-soi qui ressemblerait étrangement à du « Animal Crossing ». Cet album est également d’une richesse  sonore  marquée  aux  orchestrations  progressives. Bo En nous guide d’un sentiment à l’autre ; d’une retrouvaille pleine de bonheur entre deux amoureux à celle d’un père avec son fils.

Vous comprendrez sans l’ombre d’un doute que j’aime cet album et son coté « un tantinet régressif ». Je ne peux qu’espérer que vous aussi vous partagerez cette joie de vivre ; ce plaisir non-coupable.

Ps: pour les curieux le label sur lequel est sorti Pale MachineMaltine records.

Bonnes fêtes !!

Copyright © 2017. Powered by WordPress & Romangie Theme.