Tag Archives: sweet

« Ccolo », quand on ne veut pas essuyer ses verres de lunettes afin de transformer les lumières en étoiles.

Ccolo-vision
Vous souvenez vous de cette pub télé où un poisson rouge, à la vue d’un biscuit, voit son visage se changer en un smiley « happy face« . Pour ceux qui connaissent cette référence le parallèle avec la pochette de cet album vous paraîtra évident, mais il se peut que la comparaison ne se limite pas à cela.

Alors que je suis généralement perplexe face à l’apport explicatif qu’apporte le nom d’un album à la compréhension de ce dernier ; je suis intimement convaincu qu’ici, le nom de « visions » est significatif. Vous le remarquerez très vite, dans cet album chaque piste nous transporte devant un paysage unique et nous le retransmet au travers d’un tableau auditif. Des sons du quotidien transparaissent à l’écoute, et avec un peu d’attention on peut entendre un exhale féminin, le roulement d’un criquet mécanique, ou encore un ciel parsemé de feux d’artifices. Toutefois plutôt que de partir dans une démarche naturaliste Ccolo semble avoir fait le choix de nous mettre derrière un verre déformant. À l’image du poisson dans son bocal les formes nous apparaissent arrondies, les sons deviennent graves et chauds. C’est dans cette démarche que le terme de « visions » semble prendre tout son sens.

Je prends dès lors plaisir à essayer de dissocier l’hallucination du réel, à chercher parmi les samples lesquels sont purement synthétiques et lesquels ne le sont pas. Cette quête est d’autant plus savoureuse que Visions nous prend immédiatement dans ses rêveries et ses rythmiques lancinantes. Il faut également noter que techniquement le travail accompli est remarquablement bien léché, les sons sont profonds, les basses vibrantes et la densité sonore propre à chaque track ne laisse pas l’ennui s’installer un seul instant.

Pour tous ceux qui aiment faire de la musique avec la tension d’un élastique ou tous ceux qui voient la poésie les entourant, les yeux dans le vague depuis une terrasse de café, cet album est probablement fait pour vous.

« Salami Rose », ou la douceur d’un bain de lait à nos oreilles.

salami-rose

J’ai fait un cauchemar, je suis allé dehors. J’étais malade et il pleuvait. Fatigué par cette invisible pression autour de mon crâne, je n’ai su trouver l’enthousiasme qui me caractérise habituellement. Incapable d’éclaircir les couleurs ternes du quotidien mon seul recours fut de me calfeutrer dans mon lit et d’en appeler au Salami Rose.

Blague à part, on parle aujourd’hui du premier album de Salami Rose Joe Louis répondant au nom de Son Of a Sauce et derrière ce nom en apparence piquant se cache une perle nacrée au creux d’un écrin molletonné. Issues de l’imaginaire d’une âme féminine au caractère sûrement singulier ces 26 pistes sorties en mars dernier sont un plaisir à écouter. Les morceaux sont relativement courts et rappellent des comptines qui se succèdent et bien qu’elles ne racontent pas la même histoire leur essence est faite d’une commune naïveté. Nous serions dès lors cet enfant qui ne cesse de vouloir écouter avec engouement une histoire en plus et encore une autre après celle-là.

C’est avant tout une voix rassurante et apaisante qui guide cet album. On nous chuchote à l’oreille à la façon dont on rassure un enfant au réveil d’un cauchemar. Synthés et cordes jouent le rôle d’un fredonnement musical créant ainsi un Album parsemé de joyeuses mélodies à la durée éphémère, et je me fais un plaisir de courir derrière celles-ci comme si elles étaient des papillons colorés. L’ensemble est soutenu par une drum-machine aux sonorités pastel. Toutes les percussions résonnent en douceur et tentent de s’immiscer dans notre rêverie avec la plus grande précaution afin de ne pas risquer de nous réveiller. Le principal reproche à signaler tient au manque de finition de cet album. À l’image d’un carnet de croquis les pistes s’arrêtent parfois de façon brutale et l’enchaînement des pistes en prend un coup.

Je voyage sur un radeau de couettes et d’oreillers. Les yeux fermés je me laisse glisser le long d’une rivière de coton guidé au simple rythme des bruissement de tissus libérant au passage cette senteur rassurante des draps propres, tout juste chauds.

« sales » ou comment se rattraper si vous avez raté celles d’été

sales

J’ai gardé ce petit bijou sous le coude depuis un petit moment, le temps est venu de le sortir de l’écrin.

Sales est un duo. Originaires d’Orlando, ce n’est qu’après avoir distillé leurs productions une par une sur bandcamp qu’ils en ont fait un EP. La Simplicité est ce qui fait toute la magie de ces six pistes. Construites autour du trio chant, guitare et drum-machine, on se sent rapidement touché par leurs douces mélodies.
Pour être honnête, et après une réécoute de l’EP ayant pour finalité l’écriture de cette chronique, Sales ferait une bande son parfaite pour 500 days of summer. On y sent un amour naïf et gai ne vivant que pour le moment présent. Un ressenti qui provient sans nul doute de la façon dont le duo orchestre leurs travaux. La batterie est lancinante, la voix langoureuse et les cordes sonnent une certaine joie de vivre.

À consommer sans modération, de préférence avec chaise longue, boisson et coucher de soleil.

 

*Sales sera en concert le 12 octobre 2015 à la mécanique ondulatoire à Paris.

Copyright © 2018. Powered by WordPress & Romangie Theme.