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« Slum Sociable » , quand simplicité rime avec efficacité.


Slum sociable

Il est arrivé ce soir. Le fils de ma concierge me le tend, mon visage s’illumine. Habillé d’une belle chemise blanche, marqué d’un joli tampon Australia je m’empresse de tâter du bout de mes doigts son armure de bulle. Une fois mon paillasson franchi me voici aussitôt armé de ciseaux, prêt à en découdre. Enveloppe, carton, blister un par un les multiples retranchements cèdent face à ma pugnacité. En bon conquérant, je m’autoproclame libérateur et place l’objet de ma conquête à sa juste place. La platine commence sa ronde, le diamant plonge dans les sillons pour en exhumer le parfum, les enceintes crépitent, l’heure est à Slum Sociable.

Ils sont australiens et il s’agit de leur premier Ep affublé d’un nom étrange: TQ. C’est une composition plutôt indie/pop, mâtinée de loops d’electronica. En soi la recette n’est pas de la plus grande originalité, mais quelque chose m’a touché dans leur travail. C’est d’abord le clip de Allnight qui a attiré  mon attention. Bien fait, étrange, drôle dans un certain sens il m’a rapidement plongé dans leur univers.

On est dans un travail épuré, à l’horizon lointain, et au ton bleu clair (à moins que la pochette ne m’ait dupé). Je suis pris par la pureté de leurs sons en même temps que les boucles électros m’emportent dans leurs mouvements cycliques. L’Ep me parait presque trop court à l’écoute. les pistes s’enchaînent avec fluidité et c’est souvent frustré que je me suis obligé de mettre la main dans ma poche pour choisir la bande-son de mes prochains instants.

Slum sociable c’est super à écouter pour rentrer chez soi, une fois la nuit tombée, la tête toute échauffée. Je recommande une écoute au casque,  pour le plaisir de faire comme si le monde tournait autour de soi.

« Sebastian Paul », Pour effleurer la diversité et l’intensité des dégradés de noirs.

 sebastian-paul,-on-fait-avec

Tout d’abord meilleurs vœux aux quelques dizaines de personnes qui me lisent, en bon hédoniste je ne peux que vous souhaiter tout plein de “chairs de poule” auditives.
Nouvelle année, nouveaux artistes, nouveaux coups de cœur. Je vous parle aujourd’hui du premier album de Sebastian Paul : The Messiah Complex.

Cet album a immédiatement su piquer ma curiosité. La première chose qui m’a frappé est l’omniprésence des fréquences basses. Attention je ne parle pas là d’un vulgaire Beat bien gras dopé à la testostérone, non ! Sebastian Paul a fait le choix artistique d’une orchestration à base de nappes profondes doublées d’une rythmique massive. Une atmosphère lente, lourde, parfois anxiogène qui permet de créer un contraste fort avec le chant. Un chant presque psalmodié qui se distingue par ses sonorités à la fois aiguës, saillantes, et nasillardes. Une structure complexe bien produite qui pourrait faire craindre une trop grande ressemblance entre chaque piste, rassurez-vous il n’en est rien.

Si l’album est relativement homogène et garde la même « patte sonore » Sebastian réussit à faire varier ses finitions et ses décors. L’ennui ne m’a jamais guetté, et ce n’est qu’après plusieurs écoutes que j’ai pu percevoir toutes les teintes que transmet son album. Il se dégage de son travail quelque chose de très poétique, sorte de gémissement de lumière plongée dans le grand vide, de rayon de lune amer perçant l’obscurité de la canopée nous révélant ainsi son fourmillement. Bien que je n’aie pas la capacité de comprendre tout ce que l’artiste cherche à révéler, il ne fait aucun doute que c’est avec sincérité et émotion qu’il le fait.

The Messiah Complex est un premier album réussi. Il affirme sa singularité avec vigueur et violence, tant par sa substance sombre que par ses élancées aériennes. Un artiste à suivre !

« Bo En », pour une atmosphère printanière dans un climat d’hiver.

Bo-en

Commencer cette chronique par un mot d’esprit autour de celui de noël est un objectif ardu que je n’atteindrai pas entièrement. Mon but n’est pas de vous servir un album « spécial noël » mais plutôt de saisir une occasion. A mon sens la période des fêtes a cela de particulier qu’elle nous plonge tous et toutes dans un état un tantinet régressif tout à fait agréable. Cette joie de vivre enfantine que l’on trouve communément emballée sous le sapin je vous en propose un extrait auditif.

Pale Machine est une histoire d’émotions. Des émotions joyeuses mais complexes, aux couleurs pastel et au goût sucré. C’est un peu comme si un enfant aux joues remplies de confiseries avec un visage traversé par un grand sourire nous racontait son histoire favorite. J’oublie le monde qui m’entoure. L’hiver laisse place à une course pieds nus dans l’herbe verte. Je m’allonge et plonge avec douceur dans mes songes. Je me réveille adulte porté par une excitation simple et pure telle celle d’un enfant qui se réveille un jour de kermesse.

Pale Machine est une création de l’artiste Britannique Bo En. C’est un album qui peut mettre du temps à se faire aimer. Sa forme et ses sonorités sont singulières mais exhument toujours joie et naïveté. L’ensemble pop cerclé de textes anglo-nippons permet de créer dépaysement et surprise. Mais au bout de quelque temps on s’y sent comme chez soi. Un chez-soi qui ressemblerait étrangement à du « Animal Crossing ». Cet album est également d’une richesse  sonore  marquée  aux  orchestrations  progressives. Bo En nous guide d’un sentiment à l’autre ; d’une retrouvaille pleine de bonheur entre deux amoureux à celle d’un père avec son fils.

Vous comprendrez sans l’ombre d’un doute que j’aime cet album et son coté « un tantinet régressif ». Je ne peux qu’espérer que vous aussi vous partagerez cette joie de vivre ; ce plaisir non-coupable.

Ps: pour les curieux le label sur lequel est sorti Pale MachineMaltine records.

Bonnes fêtes !!

« Decibelles », pour sortir du sommeil avec énergie.

 

decibelles

Il y a parfois cette envie qui me prend de secouer la tête bien fort, de retourner à quelque chose de brut, d’écouter un bon rock simple et efficace. Ces objets sonores défouloirs, j’avoue avoir du mal à les dénicher, du moins dans l’ « écosystème Bancamp ». Alors pour tous ceux partageant cette peine j’espère aujourd’hui vous combler.

Decibelles c’est trois filles énergiques et énervées; c’est un Cup-cake Punk. Cette petite bande de lyonnaises a sorti leur dernier Ep Sleep Sleep en septembre dernier, et je trouve ça top. Un ami musicos m’a dit l’autre jour que « en général » du fait de la faible représentativité de la gent féminine dans la musique et surtout dans le rock les exigences qualitatives à l’écoute seraient plus faibles. Je ne saurais me prononcer sur cette idée, ni même avancer que je ne suis pas moi aussi victime de ce phénomène, mais je vous assure en tout bien tout honneur que grand est mon plaisir en écoutant ce mini album.

les deux éléments qui ont immédiatement su attirer mon attention sont le chant et les textes. Sans se limiter à un glaçage rose et sucré, je dois reconnaître que le chant est l’élément qui confère au groupe une marque de fabrique. Il permet de faire naître une influence pop acidulée dans un enrobage rock tendant vers le punk. J’avoue également volontiers avoir un faible sur les deux pistes de l’Ep chantées en Français. Oscillant entre un aspect ludique et virulent elles se détachent  du reste de l’Ep, lui en anglais.

Decibelles c’est également une super-expérience de concert. Je suis allé les voir à l’OPA il y de cela quelques semaines et ça envoie. Le live était plus rock, plus nature que la version studio. Sur scène le groupe s’est donné à fond avec une batteuse/chanteuse remarquable qui soutient avec brio la basse et la guitare. Cerise sur le gâteau elles sont super sympas et les vinyles sont moins chers que sur le net !

Sans être une révolution dans le genre Sleep Sleep vaut bien une écoute, c’est comme un macaron avec un parfum inconnu : la base est assurée et la petite touche de nouveauté fait toujours plaisir.

« sales » ou comment se rattraper si vous avez raté celles d’été

sales

J’ai gardé ce petit bijou sous le coude depuis un petit moment, le temps est venu de le sortir de l’écrin.

Sales est un duo. Originaires d’Orlando, ce n’est qu’après avoir distillé leurs productions une par une sur bandcamp qu’ils en ont fait un EP. La Simplicité est ce qui fait toute la magie de ces six pistes. Construites autour du trio chant, guitare et drum-machine, on se sent rapidement touché par leurs douces mélodies.
Pour être honnête, et après une réécoute de l’EP ayant pour finalité l’écriture de cette chronique, Sales ferait une bande son parfaite pour 500 days of summer. On y sent un amour naïf et gai ne vivant que pour le moment présent. Un ressenti qui provient sans nul doute de la façon dont le duo orchestre leurs travaux. La batterie est lancinante, la voix langoureuse et les cordes sonnent une certaine joie de vivre.

À consommer sans modération, de préférence avec chaise longue, boisson et coucher de soleil.

 

*Sales sera en concert le 12 octobre 2015 à la mécanique ondulatoire à Paris.

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