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« Zeal And Ardor », ou comment baptiser un profane dans un bain de métal.

zeal

Hérétiques éclectiques unissez vous ! Un apôtre du son s’est trouvé révélé. Le temps est venu de briser les idoles du genre, de brûler le fétichisme de la typologie. Ouvrez votre esprit et embrassez l’orgie des influences.


Zeal And Ardor s’est présenté à moi sur internet. Les adeptes de son dernier album, semblent relativement nombreux et correspondent à ces satanistes à la forte pilosité communément appelés métalleux. Malgré mon faible attachement à cette chapelle sonore j’ai cédé à la curiosité et fus immédiatement transcendé.

Une voix pleine de colère et de regrets s’extirpe d’une terre noircie par l’oppression. Les chaînes claquent alors que le blues commence à canaliser la rancœur des temps passés. Je prends conscience que mes bras, mes jambes, mes doigts se mettent à participer à ce rituel païen et libérateur. Les chaînes se brisent. Les cordes vibrent plus vite, plus fort. Ma nuque se raidit tandis que ma bouche tente en silence de mimer ce cri que j’entends au loin. L’Appel, détourné de sa mystique, gronde du grave de ses nappes. Le Mal d’une voix humaine m’engage à céder, à ne plus comprendre, à ne plus chercher à deviner la suite. Je lâche prise. Seul, nu, frappé sans discontinuité par une pluie percussive, j’admire la puissance du cyclone. Toutes sortes d’objets s’y rencontrent, se fracassant les uns les autres dans un ballet sonore magnifiquement assourdissant.  Mais il faut tenir bon. À celui qui sait attendre, L’œil du démon est révélé. On y est si bien, les choses y sont devenues fine poussière. Je m’allonge comme un enfant dans la neige, je fais l’ange. Tout y est si doux, d’un calme qui augure d’un nouveau commencement.

Cet album bien que court est extrêmement intense. La créativité y est débridée, sauvagement jouissive. Toute l’habileté de Zeal est de parvenir à agencer autant d’éléments, d’idées, de courants dans un seul petit album sans jamais que cela sonne faux ou forcé.

Auditeurs, le seul mal qui puisse vous arriver est de vous perdre l’instant d’un moment trop fugace.

 

Ps: le premier album de Zeal And Ardor, au nom éponyme, mérite lui aussi amplement qu’on s’y arrête. Mise à jour : Les deux albums de Zeal semblent s’être volatilisé de bandcamp (une histoire de signature sur label je crois), il ne reste que deux pistes.

« The hot sardines », quand la boite à sardines retrouve ses lettres de noblesse.

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Vous avez toujours eu l’envie de faire un tour dans un pub de l’entre-deux guerres mais pour votre plus grand malheur vous n’avez jamais eu Christopher Lloyd comme voisin pour vous aider.
Eurêka !! Vous venez juste de trouver une alternative.

Je suis tombé amoureux de l’atmosphère qui se dégage de cet album. Le fait que ce soit un live contribue à une immersion complète et instantanée,  et contrairement à mes aprioris la qualité de l’enregistrement est remarquable. On est pris pas les réactions du public, son enthousiasme, ses envies. On est capturé par cette ambiance feutrée, enrobée dans un halo de fumée. Bien que seul sur mon canapé, je me suis senti en plein concert avec l’envie de siroter une pression tenue au creux de ma main.

Pour en venir au cœur du sujet, the « hot sardines » c’est une chanteuse accompagnée par une formation de quatre musiciens (bien qu’ils sont plus nombreux pour ce live). Ces new-yorkais font tout le nécessaire pour nous transmettre leurs sonorités hot-jazz des années 30-40, remède remarquable contre toutes Grandes Dépressions. La voix pose presque instantanément une proximité conviviale, voire amicale avec nos oreilles. Elle nous interpelle (parfois même en français), nous ensorcelle avec ses sentiments et ses histoires de cœur.

Si le temps d’un album vous vous sentez de faire partie d’un tout, de partager l’effervescence d’un concert, alors ne laissez pas la place au doute, foncez.

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