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« MUNYA », pour tous ceux en peine de bisous et de délices réfrigérés.

Trouver à écouter, sur quoi écrire. La vie de bureau est parfois ma meilleure alliée. En cette saison, je me suis associé aux lourdeurs atmosphériques estivales. Les bouches restent fermées de peur de s’assécher, les séants s’enfoncent plus profondément que jamais dans le creux de leur fauteuil. Bref, l’activité est au plus bas et je suis libre ! Libre de tâter du casque et d’osciller entre tableurs Excel et digging digital.

C’est dans cette agréable configuration qu’en pleine après midi, les choses prirent pour quelques minutes une tournure « glace à l’eau ». Sa présence s’est fait remarquer doucement, au fil des mots seulement. Une fraîcheur salvatrice est peu à peu parvenue à mon ouïe. Aux aguets, mes oreilles scrutent avec attention les contours simples de cette forme glacée. Asymétrique, elle parait joliment policée, un peu à la manière d’un caillou de rivière. Le grain est souple. Son rythme est tendre, presque immédiatement familier. Une première couche à la fois vivace et acidulée, peut-être citronnée, vient piquer l’attention de mes papilles auditives.

Déjà l’eau est à ma bouche. Pris de passion je brise la glace, prends une bouchée et m’ouvre aux mélodies. Je suis touché par une sensation de légèreté amoureuse. Je remarque alors que des mots doux, jusqu’alors figés dans l’eau solidifiée, se révèlent à moi. Un parfum sucré aux accents érable les accompagnent jusqu’à mon palais musical. Je me délecte et sens mon corps entraîné. De temps à autre, une corde électrique vient titiller le bout de ma langue de ses reflets tiki. Délice d’un instant, images et son d’un autre présent. Deux pistes et me voilà déjà en train de cueillir les dernière gouttes. Je susurre avec attention mon bâtonnet de bois, tentant désespérément de saisir les dernières saveur avant leur évanescence.

J’en veux une autre!!!!!

Bon été.

 

 

« Decibelles », pour sortir du sommeil avec énergie.

 

decibelles

Il y a parfois cette envie qui me prend de secouer la tête bien fort, de retourner à quelque chose de brut, d’écouter un bon rock simple et efficace. Ces objets sonores défouloirs, j’avoue avoir du mal à les dénicher, du moins dans l’ « écosystème Bancamp ». Alors pour tous ceux partageant cette peine j’espère aujourd’hui vous combler.

Decibelles c’est trois filles énergiques et énervées; c’est un Cup-cake Punk. Cette petite bande de lyonnaises a sorti leur dernier Ep Sleep Sleep en septembre dernier, et je trouve ça top. Un ami musicos m’a dit l’autre jour que « en général » du fait de la faible représentativité de la gent féminine dans la musique et surtout dans le rock les exigences qualitatives à l’écoute seraient plus faibles. Je ne saurais me prononcer sur cette idée, ni même avancer que je ne suis pas moi aussi victime de ce phénomène, mais je vous assure en tout bien tout honneur que grand est mon plaisir en écoutant ce mini album.

les deux éléments qui ont immédiatement su attirer mon attention sont le chant et les textes. Sans se limiter à un glaçage rose et sucré, je dois reconnaître que le chant est l’élément qui confère au groupe une marque de fabrique. Il permet de faire naître une influence pop acidulée dans un enrobage rock tendant vers le punk. J’avoue également volontiers avoir un faible sur les deux pistes de l’Ep chantées en Français. Oscillant entre un aspect ludique et virulent elles se détachent  du reste de l’Ep, lui en anglais.

Decibelles c’est également une super-expérience de concert. Je suis allé les voir à l’OPA il y de cela quelques semaines et ça envoie. Le live était plus rock, plus nature que la version studio. Sur scène le groupe s’est donné à fond avec une batteuse/chanteuse remarquable qui soutient avec brio la basse et la guitare. Cerise sur le gâteau elles sont super sympas et les vinyles sont moins chers que sur le net !

Sans être une révolution dans le genre Sleep Sleep vaut bien une écoute, c’est comme un macaron avec un parfum inconnu : la base est assurée et la petite touche de nouveauté fait toujours plaisir.

« les passagers », ou l’accent à la sensualité débordante

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Trouvé au détour d’un passage sur la page bandcamp du label la souterraine, la douce voix aux tonalités québecoises de Andreanne Muzzo s’est immédiatement enroulée autour de mon oreille.

Originaire de Montréal le groupe s’est formé autour d’une chanteuse et d’un guitariste. Sorti en mai 2014 l’EP le ciel est noir est une superbe production. Les textes, d’une poésie imagée et sensible, sont délicieusement accompagnés. Le synthé volontairement vintage se couple avec des cordes claires et précises, la batterie enfin soutient le tout avec énergie et engouement. L’ensemble rappelle la mélodie d’une rivière courant dans le cœur d’une forêt immaculée. Singulière expression de pureté dans un monde grouillant de vie, entre lumière et pénombre. Une belle vitalité ressort de cet EP. Une production indie/rock aux airs de la femme qui vaut la peine d’être savourée, à la façon d’une belle pomme acidulée.

* pour les curieux, un lien vers La Souterraine

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