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« Florry », pour l’intrigue d’une voix singulière.

Voilà quelques semaines que je m’imprègne de l’album concerné par cette chronique. Au gré de mes écoutes, j’ai pu constater auprès de mes pairs que la voix, assez centrale sur ces huit morceaux, représentait un sujet de discorde entre nos différentes esthétiques. Pour ma part, je l’écoute comme tout autre instrument. En ce sens, le texte m’apparaît second. Son intelligibilité ne m’est pas primordiale et, souvent, je n’aime guère lorsque la voix est mise sur un piédestal vis-à-vis des autres sons qui l’habillent.

Miaulements, couinements. J’observe avec attention cette voix qui promène son air nasillard au détour de chaque couplet. Sa couleur vocale est intrigante. Un je ne sais quoi d’androgyne se confond dans des tonalités éraillées. J’aime cette diction à la traîne, au ton désarticulé. Il y a quelque chose de régressif dans son absence de tenue.

Elle m’évoque un plaisir Singulier. Celui qui nous pousse à se fondre, avachi, dans le creux d’un fauteuil. Jouissance coupable et adolescente de lâcher toute tenue, de juste suivre les formes quitte à finir avec les fesses embrassant la fraîcheur du parquet. Cette posture gentiment rebelle sied avec justesse au caractère pop-punk de cet album.

Cette voix si singulière m’invite à commettre un grave vice musical:  chanter en yaourt. Retenant cette pulsion je me contente de mimer les murmures, j’en dessine les contours du bout des lèvres. Mon corps prend le relais dans l’expression de mon bien-être. Ma marche passe de balade acoustique à de naïfs sautillements. Une corde saturée me remet au pas tandis que mon talon bat la mesure. Un changement d’intonation vocale et je repars en slow.

Chacune des huit pistes résonne comme une histoire. Aucune raison que les choses ne se répètent, qu’un refrain doive toujours se faire entendre, qu’un instant de calme ne soit pas brisé sans préavis. On écoute avec attention, on réécoute avec étonnement.

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