Author Archives: lorpheric

#5

#4

« Florry », pour l’intrigue d’une voix singulière.

Voilà quelques semaines que je m’imprègne de l’album concerné par cette chronique. Au gré de mes écoutes, j’ai pu constater auprès de mes pairs que la voix, assez centrale sur ces huit morceaux, représentait un sujet de discorde entre nos différentes esthétiques. Pour ma part, je l’écoute comme tout autre instrument. En ce sens, le texte m’apparaît second. Son intelligibilité ne m’est pas primordiale et, souvent, je n’aime guère lorsque la voix est mise sur un piédestal vis-à-vis des autres sons qui l’habillent.

Miaulements, couinements. J’observe avec attention cette voix qui promène son air nasillard au détour de chaque couplet. Sa couleur vocale est intrigante. Un je ne sais quoi d’androgyne se confond dans des tonalités éraillées. J’aime cette diction à la traîne, au ton désarticulé. Il y a quelque chose de régressif dans son absence de tenue.

Elle m’évoque un plaisir Singulier. Celui qui nous pousse à se fondre, avachi, dans le creux d’un fauteuil. Jouissance coupable et adolescente de lâcher toute tenue, de juste suivre les formes quitte à finir avec les fesses embrassant la fraîcheur du parquet. Cette posture gentiment rebelle sied avec justesse au caractère pop-punk de cet album.

Cette voix si singulière m’invite à commettre un grave vice musical:  chanter en yaourt. Retenant cette pulsion je me contente de mimer les murmures, j’en dessine les contours du bout des lèvres. Mon corps prend le relais dans l’expression de mon bien-être. Ma marche passe de balade acoustique à de naïfs sautillements. Une corde saturée me remet au pas tandis que mon talon bat la mesure. Un changement d’intonation vocale et je repars en slow.

Chacune des huit pistes résonne comme une histoire. Aucune raison que les choses ne se répètent, qu’un refrain doive toujours se faire entendre, qu’un instant de calme ne soit pas brisé sans préavis. On écoute avec attention, on réécoute avec étonnement.

#3

« Flavien Berger », Pour ceux qui prennent le plaisir d’écouter les étoiles.

Certaines histoires commencent par la deuxième fois. À l’époque, c’était il y a bien trois ans, je l’avais croisé. J’étais intrigué par l’originalité de ses reflets, de ses ambitions musicales. Il me faisait de l’œil, mais la faute est mienne. Peut-être fus-je intimidé et je n’ai su faire le premier pas. Nous ne sommes jamais devenus intimes. Tout au plus est-il resté comme un nom parmi d’autres. Perdu parmi une longue liste de souhaits, pour certains depuis longtemps oubliés.

Il y a peut-être deux mois, un élégant paon m’a rappelé à Flavien. La découverte de ces quelques titres, encore à peine dévoilés, fut l’occasion de le ramener au sommet de la liste. Une première écoute m’a fait ressentir l’intrigue. Une autre, l’émerveillement. Une dernière, enfin, l’obsession. C’était acté : cette fois, je ne laisserais pas Flavien sortir sans moi.

Marcher avec Flavien sur les oreilles. Voix pastel, rassurante, attirante.  J’ai parfois l’impression d’y entendre une sorte de nostalgie heureuse. Un quelque chose de suave et de sophistiqué dans les images, de simple dans la façon de les recevoir. Un rayon de soleil lèche mon visage, mes paupières se referment, lui seul me fait marcher. Les bruits de l’urbain s’adoucissent. Flavien est là avec constance, me guide.

Mes pas se calent dans les taches colorées de la rythmique. Les percussions sont nombreuses, certaines ont du mal à se révéler au creux de mon oreille. Leurs contours, leurs couleurs semblent venir d’une chambre pleine de curiosités, fruit de voyages lointains. Je prend un plaisir fou à m’immerger dans le pointillisme de la rythmique, dans l’impressionnisme des arrangement électroniques. Sensation générale d’une élégante clarté ou d’une sorte d’optimisme épicurien.

Soudain je suis pris d’un vertige. Tourbillon sonore, vacarme d’un train, une nuit et des grillons, une voix spatiale presque extra-terrestre. Je trébuche entre tensions et sueurs froides. Le trip monte. Quand la rythmique est lâchée je vibre et ma marche est devenu transe. Quelques minutes encore quand, tout à coup, je suis rattrapé par une autre piste. La descente est douce. Le temps de mon voyage auditif, les passions se succèdent, comme des témoins d’un tableau de paysages sonores. Je cours le temps de poursuivre une guitare électrique ou prends le temps de m’asseoir pour profiter de quelques mouvements doux.

Cet album me donne l’impression d’être un explorateur. Je suis perdu dans les méandres d’un monde où émotions et musicalité se confondent. Rien que pour le plaisir.

J’aime beaucoup marcher avec Flavien.      Mammifère

 

 

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