« Flavien Berger », Pour ceux qui prennent le plaisir d’écouter les étoiles.

Certaines histoires commencent par la deuxième fois. À l’époque, c’était il y a bien trois ans, je l’avais croisé. J’étais intrigué par l’originalité de ses reflets, de ses ambitions musicales. Il me faisait de l’œil, mais la faute est mienne. Peut-être fus-je intimidé et je n’ai su faire le premier pas. Nous ne sommes jamais devenus intimes. Tout au plus est-il resté comme un nom parmi d’autres. Perdu parmi une longue liste de souhaits, pour certains depuis longtemps oubliés.

Il y a peut-être deux mois, un élégant paon m’a rappelé à Flavien. La découverte de ces quelques titres, encore à peine dévoilés, fut l’occasion de le ramener au sommet de la liste. Une première écoute m’a fait ressentir l’intrigue. Une autre, l’émerveillement. Une dernière, enfin, l’obsession. C’était acté : cette fois, je ne laisserais pas Flavien sortir sans moi.

Marcher avec Flavien sur les oreilles. Voix pastel, rassurante, attirante.  J’ai parfois l’impression d’y entendre une sorte de nostalgie heureuse. Un quelque chose de suave et de sophistiqué dans les images, de simple dans la façon de les recevoir. Un rayon de soleil lèche mon visage, mes paupières se referment, lui seul me fait marcher. Les bruits de l’urbain s’adoucissent. Flavien est là avec constance, me guide.

Mes pas se calent dans les taches colorées de la rythmique. Les percussions sont nombreuses, certaines ont du mal à se révéler au creux de mon oreille. Leurs contours, leurs couleurs semblent venir d’une chambre pleine de curiosités, fruit de voyages lointains. Je prend un plaisir fou à m’immerger dans le pointillisme de la rythmique, dans l’impressionnisme des arrangement électroniques. Sensation générale d’une élégante clarté ou d’une sorte d’optimisme épicurien.

Soudain je suis pris d’un vertige. Tourbillon sonore, vacarme d’un train, une nuit et des grillons, une voix spatiale presque extra-terrestre. Je trébuche entre tensions et sueurs froides. Le trip monte. Quand la rythmique est lâchée je vibre et ma marche est devenu transe. Quelques minutes encore quand, tout à coup, je suis rattrapé par une autre piste. La descente est douce. Le temps de mon voyage auditif, les passions se succèdent, comme des témoins d’un tableau de paysages sonores. Je cours le temps de poursuivre une guitare électrique ou prends le temps de m’asseoir pour profiter de quelques mouvements doux.

Cet album me donne l’impression d’être un explorateur. Je suis perdu dans les méandres d’un monde où émotions et musicalité se confondent. Rien que pour le plaisir.

J’aime beaucoup marcher avec Flavien.      Mammifère

 

 

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