Monthly Archives: août, 2017

« Yazmin Lacey », pour une douceur de rosée aux couleurs jazz

La fleur d’un nénuphar s’éveille. Il est matin, le soleil répand ses premiers rayons avec délicatesse. Les gouttes de rosée, délicatement posées, délicatement perchées scintillent les premières couleurs du jour. Un microcosme prend vie, les libellules frappent leur ailes d’un ton feutré du haut de leurs pattes, des araignées d’eau se mettent à la danse. L’étang devient une scène. Plantes, insectes et animaux jouent la partition de leur vie.

Une petite Coccinelle noire tachetée de rouge se fait entendre. Son vol est léger, le battement de ses ailes est mélodique, son attraction est presque irrésistible. Autour du point d’eau des yeux de toutes les formes et de toutes les couleurs la regarde atterrir sur le pistil floral du nénuphar. Lovée dans le creux des pétales elle s’abreuve d’une goute de rosée et la voilà qui se met à chanter. Le jazz effleure l’étendue stagnante.

Des êtres de tous genres s’animent en musique, seulement guidés par la suave voix Son chant déploie un grain à la fois doux, sucré et parfumé ; saveur de miel de lavande. Les percussions sont vives parfois nombreuses, souvent effleurées. Leur légèreté rappelle la fluidité d’une vague de sauterelles sautant alors d’un même élan lorsqu’un oiseau les survole d’un peu trop près. Attiré par la fleur flottante, Léon le bourdon fait jouer ses basses. Baryton de ses ailes, son vol est suspendu aux mélodies de la belle coccinelle. Un peu plus loin, assis sur les graviers, des scarabées, dorés par le soleil venus lécher la berge, se font un plaisir de nous faire partager leurs reflets chaleureusement cuivrés. Quelques araignées nichées dans leur toile se suspendent ça et là. Prenant leurs pattes pour un clavier elles rodent en agile pianiste frappant élégamment leurs cordes tendues en suspension.

Yazmin Lacey livre un tout premier ep, fin, gracieux et délicat. Une légèreté à savourer.

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