Monthly Archives: mai, 2016

« Ccolo », quand on ne veut pas essuyer ses verres de lunettes afin de transformer les lumières en étoiles.

Ccolo-vision
Vous souvenez vous de cette pub télé où un poisson rouge, à la vue d’un biscuit, voit son visage se changer en un smiley « happy face« . Pour ceux qui connaissent cette référence le parallèle avec la pochette de cet album vous paraîtra évident, mais il se peut que la comparaison ne se limite pas à cela.

Alors que je suis généralement perplexe face à l’apport explicatif qu’apporte le nom d’un album à la compréhension de ce dernier ; je suis intimement convaincu qu’ici, le nom de « visions » est significatif. Vous le remarquerez très vite, dans cet album chaque piste nous transporte devant un paysage unique et nous le retransmet au travers d’un tableau auditif. Des sons du quotidien transparaissent à l’écoute, et avec un peu d’attention on peut entendre un exhale féminin, le roulement d’un criquet mécanique, ou encore un ciel parsemé de feux d’artifices. Toutefois plutôt que de partir dans une démarche naturaliste Ccolo semble avoir fait le choix de nous mettre derrière un verre déformant. À l’image du poisson dans son bocal les formes nous apparaissent arrondies, les sons deviennent graves et chauds. C’est dans cette démarche que le terme de « visions » semble prendre tout son sens.

Je prends dès lors plaisir à essayer de dissocier l’hallucination du réel, à chercher parmi les samples lesquels sont purement synthétiques et lesquels ne le sont pas. Cette quête est d’autant plus savoureuse que Visions nous prend immédiatement dans ses rêveries et ses rythmiques lancinantes. Il faut également noter que techniquement le travail accompli est remarquablement bien léché, les sons sont profonds, les basses vibrantes et la densité sonore propre à chaque track ne laisse pas l’ennui s’installer un seul instant.

Pour tous ceux qui aiment faire de la musique avec la tension d’un élastique ou tous ceux qui voient la poésie les entourant, les yeux dans le vague depuis une terrasse de café, cet album est probablement fait pour vous.

« Magic bones », pour avoir mal au cou sur le chemin du boulot.

Magic bones

J’ai toujours horreur de ces bibliothèques musicales où il est impossible de trouver autre choses que quelques mp3 disparates. La même frustration est présente à l’ouverture d’un puzzle auquel il manquerait des pièces. Ainsi, je ne m’imaginais même pas faire de chronique sur le single dont je vous parle aujourd’hui, mais lorsque je découvre sur mon Ipod que l’entrée « Magic bones » comporte 4 pistes au lieu des 2 attendues, les fers de mon autocensure volèrent en éclat au rythme de mon headbanging.

« Magic bones » est un jeune quatuor de rockeurs Australiens et on parle aujourd’hui de leur second single « Danger I Am ». Si j’ai immédiatement accroché à leurs productions je pense que c’est d’abord parce qu’il m’a rappelé certaines de mes premières explorations musicales. Il y a de cela quelques années alors que je commençais à remplir par moi-même le dossier « album » de mon disque dur j’ai eu une phase Pop/Rock british avec notamment The Hoosiers, The Fratellis ou encore The Automatics comme tête d’affiche. D’une certaine façon l’enthousiasme et l’insubordination de Magic Bones fait écho à ces amours de jeunesse. Leur son peut certes paraitre assez classique mais il s’en dégage une énergie, un entrain qui vous prend instantanément.

Si vous êtes de ceux qui profitent de leurs albums de rock en hochant la tête préparez-vous, le tempo de ce single est frénétique. Cette allure qui laisse les cymbales dans un état de vibration quasi-constant émane du côté garage-punk du groupe, c’est ce qui leur donne puissance et arrogance. De leur côté les cordes sont plus mesurées dans le sens où quand bien même elles s’usent la voix et se saturent avec chaleur, le bruit n’outrepasse jamais la mélodie. Cet équilibre est complété par le chant qui humanise l’ensemble. Les deux voix, une féminine l’autre masculine, par leur alternance créent une tension dans les pistes. Elles se cherchent se plaisent, se confrontent parfois avec crânerie ou même avec violence. J’ai l’impression que c’est la figure du gentil « bad boy » qui résume le mieux mon ressenti. Ce personnage attachant par sa fougue et sa jeunesse qui essaye, en faisant (gentiment) du bruit, de plier le monde à sa volonté.

Pour un groupe qui n’a pas encore un album à son actif Magic bones respire audace et inspire véhémence, j’attends la suite avec impatience.

Copyright © 2017. Powered by WordPress & Romangie Theme.