Monthly Archives: mars, 2016

« Fredson Jacobs », où la rencontre avec le songe psychédélique.

Fredson

Il est de ces objets que la présence répétée nous fait aimer, ce dont il est aujourd’hui question n’appartient pas à cette catégorie. Je vous présente aujourd’hui un authentique coup de foudre auditif nommé SERRT 24 sorti il y a peu et produit par le Danois Fredson Jacobs.

La nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures. Les fenêtres ouvertes et la chaleur diffuse de l’ordinateur sur la couette me faisaient l’heure aussi agréable que silencieuse. Pas encore décidé à m’abandonner au sommeil je pars en quête de paysages sonores pouvant bercer ma nuit. C’est alors que je fus saisi, comme tétanisé de plaisir par le son qui entrait dans mes tympans. À la rencontre de cette Electro bio-morphe et végétale en perpétuelle déconstruction je plonge dans un état semi-conscient. I know s’engouffre dans mes veines et tord mes muscles de convulsions. Tout fait sens au sein du rêve. Les voix m’appellent, me figurent des gémissements de plaisir. Je me sens témoin d’une sorte de danse charnelle, au cœur d’un univers encore en genèse. Je m’y égare, tâte des fragments adorables de Venus fondante.

Comme vous pouvez vous en douter je suis tombé à genoux devant cet ep. Les 4 pistes le composant forment plusieurs instants d’un même rêve. D’un point de vue technique la recherche sonore accomplie par Fredson est impressionnante tant cette dernière est touffue et verdoyante. La rythmique, subtil mélange de ruptures continues et de crescendos, enivre nos sens. Mais ce qui fait avant tout la singularité de cet ep, c’est le travail accompli sur les voix. Il ne s’agit pas de textes ni de paroles mais plutôt de sons à l’humanité désarticulée. Jouant sur la vitesse et le pitch de ces samples vocaux, Fredson en fait des outils mélodiques et les change en pures charges émotionnelles.

Il n’est pas besoin de comprendre pour ressentir. Je vous invite à l’abandon face à cette rêverie au caractère primordial et lorsque le réveil viendra, tâchez de ne pas oublier la saveur du chant des oiseaux.

« Secret Sidewalk », quand on met l’oreille au télescope.

Secret-sidewalk

Alors que fier à mes habitudes, je naviguais en quête d’un trésor dans les tréfonds de Bandcamp, mes oreilles se mirent subitement à me titiller. Comme au bruit d’un compteur Geiger mon attention se braqua sur cet objet non-identifié. Seconde après seconde je prends conscience que c’est une merveille tout droit tombée des astres qui embrase mon corps. Une pierre cosmique comme irréelle.

Ce single répondant au nom de Cholo Curls  sorti en juillet 2014 est né d’un quintet originaire de la région de San Francisco.  Une batterie, un saxo et une suite de claviers  électroniques en tous genres forment leur équipement. La composition singulière de ce brassband, qui n’en porte pas vraiment la combinaison, est à l’image de leur musique : hybride, transformiste, créatrice.

Plusieurs galaxies se sont rencontrées dans ces trois pistes et de ce puissant maelstrom émerge une foule de panoramas plus surprenants les uns que les autres. Pendant que les trajectoires erratiques d’un free-Jazz font la course à une gazeuse électronique au spectre non-chromatique nous assistons, nous auditeurs, à un voyage ponctué par les exclamations de notre quintet de cosmonautes. Propulsés par une batterie infaillible, nous allons, contemplons les irruptions solaires d’une géante rouge saxophoniste. Un peu plus tard nous nous glissons avec agilité dans le fourmillement électronique d’un champ d’astéroïdes. Mais toujours au fil de notre épopée nous percevons quelque chose  d’organique, de bio-morphe, comme si la vie et le plaisir étaient là, quelque part, dans la variété de ces paysages sidéraux.

J’espère que ce single (dont la troisième piste n’est accessible qu’à l’achat), vous procurera le voyage que je vous promets.  Attention toutefois car à mon grand malheur maintenant onze mois que nous sommes sans nouvelles de nos spationautes.

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