Monthly Archives: janvier, 2016

« Slum Sociable » , quand simplicité rime avec efficacité.


Slum sociable

Il est arrivé ce soir. Le fils de ma concierge me le tend, mon visage s’illumine. Habillé d’une belle chemise blanche, marqué d’un joli tampon Australia je m’empresse de tâter du bout de mes doigts son armure de bulle. Une fois mon paillasson franchi me voici aussitôt armé de ciseaux, prêt à en découdre. Enveloppe, carton, blister un par un les multiples retranchements cèdent face à ma pugnacité. En bon conquérant, je m’autoproclame libérateur et place l’objet de ma conquête à sa juste place. La platine commence sa ronde, le diamant plonge dans les sillons pour en exhumer le parfum, les enceintes crépitent, l’heure est à Slum Sociable.

Ils sont australiens et il s’agit de leur premier Ep affublé d’un nom étrange: TQ. C’est une composition plutôt indie/pop, mâtinée de loops d’electronica. En soi la recette n’est pas de la plus grande originalité, mais quelque chose m’a touché dans leur travail. C’est d’abord le clip de Allnight qui a attiré  mon attention. Bien fait, étrange, drôle dans un certain sens il m’a rapidement plongé dans leur univers.

On est dans un travail épuré, à l’horizon lointain, et au ton bleu clair (à moins que la pochette ne m’ait dupé). Je suis pris par la pureté de leurs sons en même temps que les boucles électros m’emportent dans leurs mouvements cycliques. L’Ep me parait presque trop court à l’écoute. les pistes s’enchaînent avec fluidité et c’est souvent frustré que je me suis obligé de mettre la main dans ma poche pour choisir la bande-son de mes prochains instants.

Slum sociable c’est super à écouter pour rentrer chez soi, une fois la nuit tombée, la tête toute échauffée. Je recommande une écoute au casque,  pour le plaisir de faire comme si le monde tournait autour de soi.

« Sebastian Paul », Pour effleurer la diversité et l’intensité des dégradés de noirs.

 sebastian-paul,-on-fait-avec

Tout d’abord meilleurs vœux aux quelques dizaines de personnes qui me lisent, en bon hédoniste je ne peux que vous souhaiter tout plein de “chairs de poule” auditives.
Nouvelle année, nouveaux artistes, nouveaux coups de cœur. Je vous parle aujourd’hui du premier album de Sebastian Paul : The Messiah Complex.

Cet album a immédiatement su piquer ma curiosité. La première chose qui m’a frappé est l’omniprésence des fréquences basses. Attention je ne parle pas là d’un vulgaire Beat bien gras dopé à la testostérone, non ! Sebastian Paul a fait le choix artistique d’une orchestration à base de nappes profondes doublées d’une rythmique massive. Une atmosphère lente, lourde, parfois anxiogène qui permet de créer un contraste fort avec le chant. Un chant presque psalmodié qui se distingue par ses sonorités à la fois aiguës, saillantes, et nasillardes. Une structure complexe bien produite qui pourrait faire craindre une trop grande ressemblance entre chaque piste, rassurez-vous il n’en est rien.

Si l’album est relativement homogène et garde la même « patte sonore » Sebastian réussit à faire varier ses finitions et ses décors. L’ennui ne m’a jamais guetté, et ce n’est qu’après plusieurs écoutes que j’ai pu percevoir toutes les teintes que transmet son album. Il se dégage de son travail quelque chose de très poétique, sorte de gémissement de lumière plongée dans le grand vide, de rayon de lune amer perçant l’obscurité de la canopée nous révélant ainsi son fourmillement. Bien que je n’aie pas la capacité de comprendre tout ce que l’artiste cherche à révéler, il ne fait aucun doute que c’est avec sincérité et émotion qu’il le fait.

The Messiah Complex est un premier album réussi. Il affirme sa singularité avec vigueur et violence, tant par sa substance sombre que par ses élancées aériennes. Un artiste à suivre !

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